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August 25 Trésor de FerrylandC'est le rêve de tout chasseur de trésors: trouver une cache remplie de pièces d'or et d'argent. Le hic, c'est que ceux qui ont trouvé ce trésor, en l'occurrence des archéologues de l'Université Memorial, à Saint-John's, Terre-Neuve, n'avaient aucune idée de la valeur de ce qu'ils venaient de mettre à jour à Ferryland, dans les fouilles d'un des plus anciens peuplements permanents au Canada. Alors, les archéologues se sont tournés vers les plus grands experts en numismatique que compte le Canada, les conservateurs du Musée de la monnaie, logé ici même, à Ottawa, entre l'ancien et le nouvel édifice de la Banque du Canada. «On nous a envoyé plus de 200 pièces exhumées depuis 2002, et c'est en prenant conscience du caractère unique de certaines d'entre elles qu'a germé l'idée de cette exposition», explique David Bergeron, conservateur de Des pièces et des promesses, en montre au Musée jusqu'au 13décembre prochain.
Colonie permanente en 1621 Ferryland était à l'origine un campement estival de pêcheurs européens sur les côtes de Terre-Neuve. Mais dès 1621, le lieu abrita une colonie permanente, dirigée par un grand seigneur propriétaire qui avait la mainmise sur le négoce de la morue et l'économie de la bourgade. Le deuxième seigneur du lieu, David Kirke, est l'un de ceux qui ont le plus contribué à l'expansion économique de la colonie, avant qu'elle ne soit détruite par les Français en 1696. David Kirke aurait même frappé des jetons à son nom, comme semble indiquer une piécette présentant les initiales DK sur son avers, qu'expose le Musée. «Si notre interprétation est bonne, il s'agit là de la plus ancienne pièce de monnaie jamais frappée au Canada, qui aurait précédé de quelque 200 ans la frappe de monnaie d'État sur le territoire canadien», confirme M.Bergeron. Comme les matériaux nobles manquaient dans la colonie, elle a été coulée en plomb, obtenu en faisant fondre des boulets de canon. Bien que modeste, l'exposition Des pièces et des promesses permet de prendre conscience à la fois de la prospérité de cette colonie de pêcheurs au xviiesiècle à travers une série d'artefacts, tessons de bouteille, faïences peintes, bardeaux d'ardoise, pipes et chopes de bière entre autres, ainsi que des formidables intérêts qui en Europe se disputaient l'exploitation des grands bancs de morue terre-neuviens. Parmi les pièces retrouvées lors des fouilles, se trouvent des pièces de monnaie de France, d'Angleterre, du Portugal, d'Espagne, des Pays-Bas, voire d'Irlande, d'Écosse et d'Amérique du Sud. «Il faut savoir qu'à l'époque, on utilisait indifféremment les pièces d'un pays ou d'un autre, car leur valeur était déterminée avant tout par leur poids et leur matériau, l'or ayant la plus grande valeur, suivi de l'argent et du cuivre. Comme il y avait pénurie de petite monnaie, on rendait le change dans un mélange de piécettes nationales, quand on ne coupait pas carrément une pièce en deux ou en quatre pour faire le compte», précise le numismate. Un sixième de sou Dans le lot découvert par les archéologues, les plus courantes sont le demi-penny anglais et le double tournois français, qui équivaudraient à un sixième de notre sou actuel. «Comme la colonie était composée principalement de pêcheurs, on imagine que les tavernes faisaient des affaires d'or. Cela explique pourquoi la majorité des pièces retrouvées par l'équipe de l'Université Memorial étaient de faible valeur, le prix d'un demi de bière, quoi!» POUR Y ALLER Quoi? L'exposition Des pièces et des promesses Où? Musée de la monnaie de la Banque du Canada, 245, rue Sparks, Ottawa Quand? Jusqu'au 13décembre 2009 Renseignements? 613-782-8914 ou www.museedelamonnaie.ca TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://cnliege.spaces.live.com/blog/cns!8BB6E8B737BAC1F2!5255.trak Weblogs that reference this entry
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